jeudi 31 août 2006
"Exploitation"
Par Titemoi, jeudi 31 août 2006 à 18:23 :: Chroniques des urgences
Encore un coup de gueule mais bon c'est comme ça que ça fait du bien.
Cette nuit un patient m'a encore dit : "De toute façon, vous êtes payés à rien faire vous autres dans les hôpitaux. C'est pas bien compliqué de faire mal au gens avec des piqures et puis de leur serrer le bras jusqu'à leur arraché avec votre appareil pour la tension !" Vous vous dites, c'est pas grave c'est qu'un petit vieux qui a perdu la boule, c'est pas sa faute, il sait plus ce qu'il dit. Le pire, c'est que cette réflexion vient d'un jeune, environ 35-40 ans.
Et je ne compte plus les fois où des patients m'ont dit : "De toute façon vous devez faire ce que je veux, et rapidement en plus, car c'est moi qui vous paye avec ma Sécurité sociale !". Sans commentaire...
Oh et puis si, après tout, j'en ai marre de m'écraser sous prétexte que mon boulot c'est de prendre soin des autres ! Je vais vous révéler la plus grande injustice de notre métier (oui bon d'accord le mot est peut-être un peu fort) : nous faisons 3 ans et demi d'études à l'école d'infirmière, et devinez quelle équivalence nous avons pour le ministère de la Santé ? Bac + 2 !!! C'est à dire que maitenant avec le système d'étude européen, on ne peut même pas avoir directement une licence en fac ! Avant ça vallait un DEUG mais il n'existe plus. Trimer pendant 3 ans et demi pour se voir payer au bout du compte comme si on avait fait 2 ans d'études, c'est vraiment rageant !
Mais bon il est vrai que nous n'avons pas choisi ce métier pour être bien payés, ça se saurait ! Et puis finalement, on est pas si mal payé que ça. Quand je vois ma maman qui au bout de 20 ans de métier dans l'enseignement touche le même salaire horaire que moi en début de carrière, je me dis "Mais de quoi tu te plains !". D'accord, c'est même un peu trop payé pour faire des piqures et distribuer des médicaments ! N'importe qui peut le faire ! Mais c'est sans compter les responsabilités, le fait d'avoir la vie d'être humains entre ces mains. Imaginer que nous sommes obligés de surveiller les prescriptions médicales, car si nous exécutons une préscription erronées, nous sommes responsable à 100% devant la loi si le patient meurent des suites de ce traitement.
Les urgences posent quelques problèmes de dérives : par exemple, nous n'attendons pas que le médecin de garde se lève et traverse tout le parking de l'hôpital pour entamer la prise en charge d'un patient qui a une douleur thoracique. Quand l'interne arrive, le patient a sa perfusion, son bilan sanguin est parti au laboratoire, la radio de thorax est faite, il est mis sous oxygène et les médicaments sont déjà prêts sur la paillasse, attendant juste la prescription du médecin pour être passés. Heureusement les mêmes pathologies reviennent régulièrement et donc nous accomplissons souvent les mêmes gestes, même si nous adaptons en fonction du patient.
Bon sur ce bonne fin de journée à vous, je vais me préparer pour aller travailler.

Ouah rien que le titre ça met en joie ;)















